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Valérie Pécresse : “L’unité de la Nation, c’est pour l’action.”

 

Discours de Valérie Pécresse

A l’occasion de la session extraordinaire du conseil régional en hommage aux victimes des attentas de vendredi dernier, retrouvez l’intervention de Valérie Pécresse prononcée aujourd’hui.

Monsieur le Président,

Vendredi soir, le terrorisme aveugle et barbare a de nouveau frappé la France.

Mes pensées, celles de tous les élus de mon groupe, des pensées les plus bouleversées et les plus chaleureuses, vont aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.

Elles vont aussi à tous ceux, force de l’ordre, pompiers, personnels médicaux et simples Français dont le dévouement a permis de porter secours au plus vite à toutes les victimes et d’atténuer, autant qu’elles pourraient l’être, les terribles blessures occasionnées par ce drame.

Oui, vendredi soir, c’est de nouveau notre Région, la terre d’Ile-de-France, qui a été frappée.

Président, vous avez su trouver les mots, des mots émouvants pour dire toute notre peine et je vous en remercie. J’ai salué avec vous la décision du Président de la République de déclarer l’état d’urgence. L’unité de la Nation est aujourd’hui indispensable, mais l’unité de la Nation, pour l’action.

Si nous nous réunissons, ce n’est pas seulement pour dire notre horreur, c’est aussi pour, ensemble, nous engager pour la sécurité des Franciliens.

Car si l’Ile-de-France a été la cible, c’est bien notre pays la France, qui est en guerre. Et cela rend notre responsabilité d’élus encore plus grande.

L’ennemi a plusieurs visages mais il n’a qu’un seul nom : l’islamisme radical.

Il est à l’extérieur bien sûr, et d’abord en Irak et en Syrie. Il est aussi à l’intérieur, puisqu’il frappe chez nous, avec pour bras armés, des enfants de France.

Nier cette évidence, c’est s’empêcher de se donner les moyens de le combattre et de l’abattre.

Je crois que la région doit participer au déploiement d’un véritable bouclier de sécurité sur notre territoire, et ce, sans attendre les élections. Je crois qu’ensemble, nous pouvons déjà agir.

Je pense qu’une décision extrêmement symbolique, qui pourrait être le signe de notre union, serait dès cette semaine, de voter ensemble un fonds d’urgence d’aide au financement des portiques de sécurité. Il pourrait notamment être utilisé pour protéger les salles de spectacle dont nous avons compris, à cette veille de Noël, qu’elles étaient la cible privilégiée des terroristes, mais aussi évidemment des lycées, des CFA, des grandes gares.

Avant Noël nous ne pouvons pas rester sans réagir. De la même façon je crois que nous pourrions réactiver dès cette semaine la convention que nous avons avec le Ministère de l’Intérieur. Nous avons une convention qui nous permet d’aider les forces de sécurité à s’équiper. Aujourd’hui la police et la gendarmerie nous crient leur détresse. Elles ont des équipements qui sont obsolètes.

Je pense en particulier aux gilets pare-balles trop lourds, aux véhicules d’interception trop vieux et à la vidéoprotection qui n’est pas toujours présente.

Demain nous allons nous réunir au STIF pour parler de la sécurité dans les transports. Mais nous nous sommes déjà réunis en janvier, et qu’est ce que nous avait dit la SNCF, elle demandait que le port de la carte d’identité nationale soit rendu obligatoire dans les transports sur notre territoire pour aider à l’action des forces de sécurité et de contrôle. Dès le mois de juin j’ai déposé une proposition de loi en ce sens. Alors, se réunir une nouvelle fois, alors que nous avons subi les attentats de janvier et que nous subissons aujourd’hui une agression sans précédent je crois que ne pas relayer la demande de la SNCF et le groupement des autorités régulatrices de transport, ne serait pas responsable.

Il y a une proposition de loi Savary qui sera examinée la semaine prochaine au Parlement, je crois que la Région, ici, nous tous, responsables, élus, nous devons faire entendre la voix de la SNCF et la relayer lors de cette proposition de loi.

Par ailleurs, nous avons un sujet très symbolique. Nous n’avons toujours pas eu connaissance de l’audit de sécurité des lycées. Si le moindre drame arrivait dans ces lycées nous serions tous ici tenus responsables. Il faut absolument renforcer la sécurité de nos lycées

Monsieur le Président, je regrette que nos lycées n’arborent plus systématiquement notre drapeau national. Je demande que consigne soit donnée pour que le drapeau tricolore flotte désormais à l’entrée de chacun de nos lycées et qu’il soit mis en berne.

Il nous faut aussi nous montrer beaucoup plus dur sur le front extérieur. Notre ennemi a revendiqué ses crimes. C’est à nous de lui faire comprendre qu’on ne frappe pas impunément la 5ème puissance du monde.

C’est entre l’Irak et la Syrie que les attentats se conçoivent. C’est là-bas que les terroristes apprennent à tuer. Notre aviation frappe Daesh mais la reconquête du territoire ne progresse pas. Il faut sortir de cette situation qui nous désigne comme cible sans nous donner les moyens d’éradiquer la menace. Il faut se donner des buts de guerre précis avec pour seul objectif la sécurité des Français. Je propose que la France profite de la réunion des chefs d’Etat à l’occasion de la COP 21 pour prendre l’initiative au niveau international et faire de la lutte contre l’Etat islamique la grande cause des grandes nations.

Un vœu de notre Conseil Régional sur le sujet aurait évidemment une influence puissante sur la décision du gouvernement en la matière. A chaque fois que notre pays subit une terrible épreuve, il y a une chose qui m’impressionne : c’est la dignité des Français.

Soyons à la hauteur du peuple qui nous a élus. Sachons affronter nos responsabilités par delà nos étiquettes partisanes pour que personne dans quelques mois ne puisse écrire ce que Marc Bloch écrivait en 1940 : « Nous venons de subir une incroyable défaite. À qui la faute ? À tout le monde, en somme, sauf à nous, les responsables politiques. »

On peut faire semblant de ne pas voir. Les Français, eux, voient très bien et attendent de nous que nous soyons enfin à la hauteur des drames ou des peurs qu’ils subissent.

L’unité de la Nation, c’est pour l’action.

Après la minute de silence en hommage aux victimes, je vous demanderai qu’à l’issue de notre débat, nous entonnions tous ensemble la Marseillaise. Montrons à tous ceux qui veulent aujourd’hui nous détruire que les Français sont grands, que la France est forte, qu’elle est unie et que la démocratie et la République l’emporteront toujours sur la barbarie.

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